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Lettres Fédérées

Plus que jamais se fédérer: soirée-débat de ce vendredi 16 octobre

Bonsoir ou bonjour à vous,

En ces temps si rudes de couvre-feu et de spirale autoritaire, il nous paraît d’autant plus essentiel de nous retrouver pour partager nos expériences de luttes et nos espoirs pour une riposte à cette organisation mortifère. Les soirées de Se fédérer sont ainsi destinées à explorer les alternatives tangibles au capitalisme. C’est pourquoi il nous importe de débattre ce vendredi 16 autour du thème que nous vous rappelons ici, à partir de 20H:

“Pour une sécurité sociale de l’alimentation: vers une solidarité postcapitaliste”. 

La première heure sera consacrée à une introduction de fond sur le thème, proposée par Dominique Paturel (collectif Démocratie alimentaire) et Kévin Certenais (Groupe alimentation du Réseau Salariat). Ensuite nous pourrons en discuter au sein d’ateliers de maximum huit personnes, fonctionnalité que permet Zoom; cela permet que la parole circule et qu’il y ait de véritables échanges et élaborations collectives. Enfin nous reviendrons en plénière pour la restitution des ateliers et la conclusion.

Vous pourrez rejoindre le live via Facebook à cette adresse : https://www.facebook.com/events/343852703503628/

N’hésitez pas à diffuser l’information autour de vous.

Quelques éléments de fond proposés par Kévin:

La sécurité sociale de l’alimentation vise à en finir avec l’économie capitaliste de toute la filière de l’alimentation, c’est-à-dire de la production agricole jusqu’à la consommation, sans oublier les filières de transformation, de distribution. C’est une proposition d’un autre modèle économique qui s’appuie sur la socialisation de la valeur que nous créons par notre travail et qui poursuit l’histoire des conquêtes sociales. S’inscrire dans le régime général de la sécurité sociale c’est revendiquer la socialisation de la valeur ajoutée via la cotisation sociale, l’universalité de l’accès aux droits, une gestion démocratique des caisses, un investissement par subvention, un conventionnement des collectifs de travail autogérés. L’alimentation est sortie du secteur marchand capitaliste et reconnue comme un nouveau droit: celui de décider collectivement du mode de production de notre alimentation. C’est la mise en place d’une institution macro-économique, hors des mains du patronat et de l’Etat, directement gérée par les habitant-es et les professionnel-les conventionné-es. 

La mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation ne pourra pas être exempte d’une lutte contre le patriarcat et la reconnaissance du travail des femmes dans toute la filière de l’alimentation (production, transformation, distribution et consommation via le travail gratuit dans la sphère privée). « Les femmes devront imposer la mise en place de mécanismes leur garantissant un accès égal et une véritable participation aux caisses locales où se prendront les décisions d’orientations du système alimentaire. » (Source : article dans la revue Campagnes Solidaires de septembre 2020)

Présentation de Réseau salariat:

Réseau Salariat est une association d’éducation populaire qui analyse et s’attaque aux racines du système capitaliste en élaborant un projet de société émancipateur à partir du déjà-là des conquêtes sociales, en particulier celui du régime général de la Sécurité Sociale. Nos thèses s’appuient notamment sur les travaux de recherches de Bernard Friot. Les propositions de sécurités sociales sectorielles (de la culture, de la presse, du logement, des transports, de l’énergie, …), dont fait partie la Sécurité Sociale de l’Alimentation s’inscrivent dans cette histoire longue des conquêtes sociales. Ce sont des propositions offensives pour lutter contre les attaques des gouvernements et du patronat, aussi pour réunifier les branches du régime général et reconquérir la gestion de ses caisses. Réseau salariat fait partie d’un collectif pour une sécurité sociale de l’alimentation (Réseau CIVAM, Confédération Paysanne, Les Ami-es de la Confédération Paysanne, ISF-Agrista, Miramap, collectif démocratie alimentaire, l’Ardeur et Réseau Salariat) où nous travaillons à un socle commun de propositions dans lequel chaque organisation apporte sa contribution par son angle d’attaque : le droit à l’alimentation, la démocratie alimentaire, l’agriculture paysanne, notre rapport au travail.